SIDA ET STIGMATISATION : LE COMBAT DE L’ATFS
Le Fonds Africain pour le Développement de la Femme (Rapport Annuel ) soutient activement des organisations œuvrant pour la prévention et la lutte contre le VIH / SIDA auprès des populations africaines. A ce titre, l’AWDF a octroyé une subvention à l’Association Togolaise “Femmes et Sida” (ATFS) afin de financer son projet d’autonomisation économique des femmes et jeunes filles vivant avec le VIH/SIDA ainsi que l’organisation d’une campagne anti-stigmatisation dans le canton d’Agoè à Lomé au Togo.
Au Togo comme dans de nombreux endroits, malgré des années de lutte contre le VIH/SIDA, la maladie continue de se propager et de causer des ravages, freinant ainsi le développement du pays. Du fait d’un mauvais accès aux soins et d’un manque de prévention, le VIH/SIDA est un véritable problème de santé public qui entraine également la discrimination, la stigmatisation, le refus de soins médicaux ou encore l’exclusion familiale, professionnelle et sociale des personnes touchées. Force est de constater que les défis à relever face à ce fléau restent importants.
Dans ce contexte, l’ATFS a choisi de mettre l’accent sur deux points essentiels : la sensibilisation et l’éducation de la communauté en vue de faire reculer la stigmatisation et la discrimination des personnes vivant avec le VIH/SIDA ainsi que la réduction de l’impact socio-économique du VIH/SIDA sur les femmes vivant avec le virus.
Ainsi, grâce à l’AWDF et en étroite collaboration avec de nombreux partenaires locaux, une importante campagne de sensibilisation a été mise en place par l’ATFS. La création d’affiches, de prospectus et de campagnes radio contre la stigmatisation des personnes vivant avec le VIH/SIDA mais aussi des discussions directes avec la communauté ont permis de freiner la discrimination des personnes touchées par la maladie. De plus, dans une volonté de renforcer l’autonomisation des personnes atteintes, l’ATFS a sélectionné trente femmes et jeunes filles vivant avec le VIH/SIDA et en situation précaire afin de leur faire bénéficier d’une formation et de micro-crédits leur permettant d’accéder à la gestion d’une activité génératrice de revenus.
Concrètement, à l’issu de ce projet, on note un meilleur épanouissement des femmes vivant avec le VIH/SIDA. Ayant pu accéder à des activités génératrices de revenus, la condition des femmes se trouve améliorée notamment parce que leur époux les prennent d’avantage en considération, celles-ci pouvant subvenir aux besoins élémentaires de leur famille. A titre d’exemple, grâce à cet appui, une des bénéficiaires a pu économiser suffisamment pour faire soigner son fils souffrant.
De plus, au sein de la communauté, un véritable changement de mentalité s’est opéré dans le canton d’Agoè. Du fait du recul de la stigmatisation et de la discrimination des personnes vivant avec le VIH/SIDA, le quotidien des femmes touchées est meilleur. La communauté se rend davantage compte de leurs valeurs humaines et de leurs droits ce qui permet à ces femmes de reprendre confiance en elles. L’une des bénéficiaires a d’ailleurs affirmé : "nous sortons d’une situation de peur sachant que des luttes se mènent pour notre protection juridique, sociale et économique”.
Finalement, même si certaines lois et politiques visent bel et bien à lutter contre la propagation du VIH/SIDA, des actions comme celles réalisées par l’ATFS avec l’appui de l’AWDF apparaissent plus qu’essentielles, elles sont indispensables. Pour illustration, à la suite d’une rencontre avec la population dans le cadre de la campagne de prévention, un homme a déclaré : "Mesdames, c’est de l’or que vous nous donnez et c’est des vies humaines que vous sauvez”.
La grande mobilisation du public et la bonne volonté des bénéficiaires ont permis de réaliser des avancées notables, aussi bien en termes de prévention et de sensibilisation auprès de la communauté qu’en termes d’amélioration de la qualité de vie des femmes et jeunes filles atteintes du VIH/SIDA.
Toutefois, le combat n’est pas terminé, il doit être poursuivi et intensifié afin d’améliorer le quotidien d’une part plus importante de la population.