
« Nous partageons une seule planète et nous constituons une seule humanité ; c’est une réalité que nous ne pourrons jamais denier »
Wangari Maathai
La planète se dépérit et les femmes africaines sont les premières à être touchées. Plusieurs preuves existent montrant que le continent souffre de défis environnementaux menaçant ainsi notre accès à l’alimentation, à l’eau potable, et aux moyens de subsistance. Comme l’a noté la feue écologiste féministe, nous partageons une seule planète et nous devons donc partager les charges que nous lui imposons, ainsi que les solutions pour y remédier. Bien que le changement climatique ne constitue pas un thème indépendant pour l’AWDF, il continue d’être une priorité essentielle et est par conséquent inclus dans l’un de ses domaines thématiques notamment la Sécurité Economique et la Justice. A l’AWDF, nous reconnaissons l’intersection de l’environnementalisme et la justice sociale pour améliorer les conditions actuelles (et futures) des femmes africaines. Au cours des quatre (4) dernières années, AWDF a soutenu six (6) organisations dans quatre (4) pays. (Cameroun, Zambie, Éthiopie et Afrique du Sud) avec plus de 130.000 USD pour lutter contre le changement climatique et ses effets sur la vie des femmes africaines. Les six organisations sont les suivantes :
- Community Agriculture and Environmental Protection Association - CAEPA (Cameroun)
- Groupe agricole des sœurs dynamiques (Cameroun)
- Projet sur les personnes excédentaires (PPS)
- Fondation Earth Lore (Afrique du Sud)
- Alliance des femmes de Zambie (ZAW) (Zambie)
- SOS Addis (Ethiopie)
Cinq de ces six organisations ont reçu un soutien financier de 10.000 USD à 38.000 USD pour mettre en œuvre des projets visant à créer ou à améliorer les moyens de subsistance des femmes agricultrices avec un accent particulier sur la sécurité alimentaire et l’adaptation au climat. Grâce à notre subvention, ces organisations ont organisé diverses activités visant à accroitre les bonnes pratiques agricoles qui pourraient contribuer à l’amélioration de l’environnement. CAEPA a sensibilisé les femmes sur les questions liées au changement climatique et ses effets sur les pratiques agricoles y compris l’utilisation des semences améliorées pour la culture du maïs et des engrais organiques pour une bonne récolte. Earth Lore Foundation et Surplus People Project ont organisé des formations sur la production de l’engrais organique et l’agriculture agro-écologique tandis que Zambia Alliance of Women a formé 300 agricultrices sur la gouvernance durable des terres et l’agriculture intelligente face au climat. SOS Addis –Ethiopie a sensibilisé les femmes sur la gestion des déchets et les a aidé à recycler les déchets plastiques en produits réutilisables qui ont été vendus pour générer des revenus. Le projet a formé 50 femmes sur comment réutiliser les déchets plastiques dans l’artisanat. Elle a également dispensé des cours sur l’environnement à 90 personnes sélectionnées parmi les bénéficiaires, les représentants des administrations locales et d’autres parties prenantes.
Résultats
Grâce au soutien de l’AWDF, ces organisations ont contribué massivement à l’application des bonnes pratiques agricoles dans leurs pays. Certaines de ses contributions sont les suivantes:
- Augmentation du nombre de femmes qui pratiquent maintenant l’agriculture intelligente face au climat dans leur famille en plantant des arbres dans leurs champs pour contrôler l’érosion du sol et conserver les eaux souterraines pour l’amélioration de la fertilité du sol.
- Augmentation de la productivité agricole sans nuire à l’environnement
- Amélioration de la sécurité alimentaire par l’usage des semences traditionnelles.
- Augmentation du nombre de femmes qui ne dépensent plus d’argent pour acheter du fumier puisqu’elles les produisent elles-mêmes et donc arrivent à contrôler leur culture.
Quelques témoignages
“Nous sommes des agents d’entretien et nous en sommes fières. ”

« Avant de rejoindre SOS ADDIS, je n’avais aucune idée de l’utilisation des déchets plastiques si ce n’est pas celle de les jeter. Maintenant, je peux en faire des sacs. J’ai formé aussi ma fille et elle m’aide maintenant à collecter ces déchets plastiques qui ne nous coûtent rien du tout ». Bénéficiaire SOS ADDIS
Nous sommes des agents d’entretien, nous nettoyons tous les caniveaux pour éviter leur blocage par des déchets plastiques et ainsi empêcher que les animaux ne les mangent et n’en meurent. Avec les déchets plastiques, nous arrivons à générer de revenus et nous en sommes fières. Parfois nous parcourons une longue distance pour les collecter et même les acheter car nous savons à quel point cela nous est utile ». Groupe de bénéficiaires SOS.
Passionnée par l’agriculture traditionnelle

Make Halala, comme elle est affectueusement appelée à Avontuur, Mpumalanga, est passionnée par l’agriculture traditionnelle. La pauvreté, le chômage, la perte des semences traditionnelles et d’aliments sont élevés à Avontuur, ce qui rend ainsi la vie difficile pour les femmes chefs de familles. La découverte donc d’un moyen de cultiver sans avoir à acheter des semences, des engrais et des pesticides a été très intéressante et inspirante. Il y a un an, Make Halala a commencé à participer aux dialogues communautaires de EarthLore et aux formations en agro-écologie de Ukulima.
Elle a appliqué les connaissances reçues de la formation dans son jardin en pratiquant une culture intercalaire avec des fleurs qui empêchaient les vers-gris de détruire les tomates ; en récupérant de l’eau avec des buttes de terres, en fabriquant du compost et des engrais liquides; et en plantant des graines reçues de la Foire des semences en Zimbabwe. Elle est une bonne éducatrice et encourage les agricultrices dans sa communauté à utiliser ces approches.
Make Halala nourrit sa famille avec des repas traditionnels et des légumes cultivés dans son jardin. « Je suis très contente d’avoir relancé notre tradition et pratiques. Nous devons avoir un lien avec la nature et en prendre soin parce qu’elle nous donne des aliments sains qui sont bon pour notre santé. » Make Halala ainsi que d’autres agricultrices de Avontuur avaient l’habitude d’aller en ville pour acheter des repas mais maintenant, elles y vont pour acheter seulement quelques provisions qu’elles ne peuvent pas produire chez elles. La plus grande joie de Make Halala c’est de planter des semences traditionnelles qui lui ont été données et de les partager avec d’autres agricultrices pour assurer la renaissance des traditions perdues. Les personnes qui ont visité le champ de Halala en décembre étaient ravies d’avoir accès à Umngomeni, une culture traditionnelle complètement abandonnée à Avontuur. Elle est également très heureuse de partager ses connaissances avec le reste de la communauté sur l’importance de faire revivre leur culture traditionnelle.
AWDF est toujours fière de ses bénéficiaires à cause de leurs stratégies orientées vers l’avenir et focalisées sur l’amélioration de la vie des femmes. A nos bénéficiaires, nous disons, Bravo nos sœurs ! Continuons de façonner l’avenir de l’Afrique.