L’initiative No to Backlash renforce la résistance féministe en investissant dans le leadership, l’agentivité et la résilience des mouvements qui continuent de lutter pour la justice sociale et de genre sur le continent.
Non au Backlash est une initiative de financement audacieuse et assumée portée par trois grandes organisations féministes : le Fonds de développement des femmes africaines (AWDF), Urgent Action Fund–Africa (UAF-Africa) et le Fonds pour les Femmes Congolaises (FFC).
Ensemble, elles soutiennent l’organisation féministe dans dix pays d’Afrique francophone en fournissant aux mouvements ce dont ils ont le plus besoin :
● Des ressources qui leur permettent de se renforcer et de se développer, au-delà de la simple survie.
● Un appui pour résister aux attaques et contrer la désinformation.
● Des réseaux pour amplifier la solidarité et la résistance collective au-delà des frontières.
Le projet repose sur trois piliers stratégiques qui guident l’action collective:
Élargir l’accès à des financements flexibles et transformateurs pour les organisations féministes africaines afin de favoriser un impact durable pour les femmes, les filles et les personnes de divers genres.
Renforcer les capacités des mouvements féministes à résister et à anticiper les attaques des groupes anti-droits et anti-genre, tout en promouvant une vision commune d’un continent où l’égalité de genre et la justice deviennent des réalités pour toutes et tous.
Mettre en valeur les fonds féministes comme partenaires essentiels de l’avancement de l’égalité de genre et du renforcement des alliances trans-régionales, en particulier en Afrique francophone.
À ce jour, le consortium a alloué un total de 240 000 € en financements directs à 27 organisations féministes et de défense des droits des femmes dans 10 pays afin de renforcer leur capacité à résister aux offensives anti-droits dans leurs contextes nationaux et régionaux. Les partenaires financés mettent en œuvre diverses stratégies, notamment la transformation des récits, la sécurité numérique et physique, le développement du leadership intergénérationnel, l’organisation féministe et le plaidoyer fondé sur les droits dans des environnements de plus en plus hostiles.
Au Bénin, les partenaires mobilisent le cinéma, le storytelling et la construction de mouvements pour impulser des changements culturels, promouvoir l’égalité de genre et atténuer l’impact des mouvements anti-genre émergents.
Au Cameroun, les partenaires placent au centre les voix des femmes en situation de handicap dans les espaces numériques grâce à des formations à l’activisme digital, tout en contrant les récits négatifs sur le travail domestique par le plaidoyer pour les droits et la dignité des travailleuses domestiques.
En Côte d’Ivoire, les partenaires transforment les récits autour de la santé menstruelle et du travail du sexe par des actions de sensibilisation, la promotion des droits des travailleuses du sexe et la lutte contre les violences et l’exploitation fondées sur le genre.
En République centrafricaine, les partenaires amplifient des contre-récits féministes centrés sur l’autonomie corporelle et la justice en matière de santé sexuelle et reproductive, à travers l’élaboration d’une note de plaidoyer et la diffusion d’un manuel sur les droits en matière de droits et la santé sexuels et reproductifs (DSSR).
En RDC, les partenaires contribuent à promouvoir des masculinités positives et les droits des femmes, à renforcer le plaidoyer féministe, la sécurité numérique et physique, les approches centrées sur les survivantes dans la lutte contre les violences, l’autonomisation des jeunes défenseuses des droits humains pour remettre en cause les normes discriminatoires en dialoguant avec les leaders religieux et communautaires, ainsi qu’à fournir un soutien psychosocial et des mesures de protection d’urgence.
Le soutien de base aux partenaires au Ghana contribue à renforcer des organisations solides et résilientes dirigées par des personnes LBQ travaillant sur la santé mentale et la santé et les droits sexuels et reproductifs, ainsi qu’à soutenir l’autonomie financière et l’éducation financière de petites entreprises dirigées par des personnes LBQ, favorisant leur autonomie, leur sécurité et leur résilience face à la discrimination systémique et à l’exclusion économique.
À Madagascar, les partenaires travaillent sur des enjeux interdépendants tels que la justice reproductive, la justice climatique, les violences basées sur le genre et le mariage des enfants. Leur action contribue à renforcer l’autonomie corporelle, à lutter contre les violences et contre la régression des droits humains alimentée par les mouvements anti-droits et anti-genre, tout en abordant les enjeux liés au changement climatique et à la justice reproductive.
En Mauritanie, les partenaires plaident pour l’adoption d’un projet de loi visant à protéger les femmes, bloqué au Parlement depuis huit ans en raison de déformations et de backlash de la part d’acteurs opposés aux droits des femmes, tout en déconstruisant les stéréotypes négatifs qui limitent les femmes et leurs droits en matière de santé et de droits sexuels et reproductifs.
Au Togo, les partenaires œuvrent au renforcement des mouvements féministes et des alliances communautaires afin de leur permettre de résister activement aux mouvements anti-droits et anti-genre, tout en plaidant pour la protection et l’avancement des identités et des droits, et en luttant contre les violences basées sur le genre.
Au Sénégal, les partenaires créent un espace féministe dédié à la mémoire, à l’analyse politique et à la mobilisation collective à travers des panels et dialogues sur la justice reproductive et les violences basées sur le genre, afin de consolider les acquis tout en résistant aux agendas patriarcaux.
Les enjeux liés aux droits des femmes, à la menstruation, aux violences basées sur le genre et à la santé et aux droits sexuels et reproductifs restent fortement stigmatisés en raison d’idéologies culturelles, religieuses et patriarcales profondément ancrées. Les groupes marginalisés, notamment en zones rurales, manquent à la fois d’information et de capacité à exercer leurs droits. Malgré ces défis, dix partenaires financés dans six pays - Bénin, Côte d’Ivoire, Mauritanie, Madagascar, Togo et Ghana - ont réalisé des avancées significatives en matière de sensibilisation aux droits des travailleuses domestiques, aux violences basées sur le genre et à la santé menstruelle. En créant des espaces sûrs pour les survivantes et en organisant des formations sur les droits, des populations clés telles que les personnes de divers genres, les travailleuses du sexe, les mères adolescentes et les femmes en situation de handicap ont vu leur confiance et leur estime de soi renforcées. Elles comprennent mieux leurs droits et les revendiquent activement.
Conscientes que l’action collective produit davantage d’impact que les initiatives isolées, cinq organisations du Cameroun, de la Mauritanie, de la Côte d’Ivoire et du Togo ont rejoint d’autres réseaux et alliances pour renforcer leurs actions et amplifier le plaidoyer contre les mouvements anti-droits. Un nouveau mouvement transfrontalier, ‘Voices for Inclusion and Equality’, a émergé au Cameroun, réunissant des organisations dirigées par des femmes en situation de handicap dans cinq pays (Cameroun, Togo, Bénin, RDC et Burkina Faso). Il vise à accroître la visibilité des femmes et des filles en situation de handicap, améliorer l’accès aux services juridiques, psychosociaux et de santé sexuelle et reproductive, et à influencer les politiques publiques tout en développant des contre-récits face aux acteurs anti-droits.
En RDC, à la suite d’une formation, trois chefs traditionnels et leaders religieux se sont engagés publiquement à promouvoir des masculinités positives et à lutter contre les stéréotypes liés aux droits des femmes. En République centrafricaine, une note de plaidoyer a été élaborée et un manuel sur les droits en matière de DSSR largement diffusé, renforçant les contre-récits féministes centrés sur l’autonomie corporelle.
Nous sommes à la croisée des chemins. D’un côté se profilent la régression, le silence et l’effacement systématique de décennies de progrès.
De l’autre, un avenir où la justice de genre n’est pas seulement une aspiration, mais une réalité vécue par chaque personne à travers l’Afrique.
Que vous soyez bailleur, activiste, allié·e ou organisation, rejoignez-nous pour dire Non au backlash. Construisons un continent où la résistance féministe est inarrêtable et où la justice de genre est non négociable.
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